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Interférences de Connie Willis

9791028110390
Interférences | Bragelonne

Interférences, ou l’abondance des communications

À la fin de l’année 2017 est paru au éditions Bragelonne le tout dernier livre de l’auteure de science-fiction américaine Connie Willis intitulé Interférences. Willis est une auteure que j’ai découverte à la fin des années 1990 et qui ne m’a jamais déçu. Malheureusement elle est méconnue au Québec, mais elle mérite toute notre attention. Suite à la parution de ses romans et de ses nombreuses nouvelles, elle a remporté à de nombreuses reprises des prix très importants dans le monde de la science-fiction/fantasy. Elle a mis la main entre autres sur le prestigieux prix Hugo onze fois, le Nebula sept fois et le Locus à douze reprises. Son cycle racontant les aventures d’historiens d’Oxford qui voyagent dans le temps est son œuvre la plus populaire. Ce cycle contient quatre romans : Le grand livre, Sans parler du Chien, Black-Out et All Clear. Avec Interférences, elle change complètement de registre pour aborder le sujet de la… télépathie.

Dans un futur très poche de nous, Briddey travaille chez Commspan, une compagnie qui fabrique des téléphones intelligents, compétiteur direct d’Apple. Son amoureux, et collègue de bureau, Trent, lui propose de subir une intervention chirurgicale qui va améliorer leur vie de couple. Cette opération se nomme AEC et elle permet aux amoureux de percevoir les émotions, les sentiments de l’être chère. Briddey accepte l’offre de son amoureux, ce qui emballe les ragots du bureau. Mais bizarrement, certains membres de sa famille, dont sa tante Oona et sa nièce Maeve sont contre cette intervention. C’est le cas aussi d’un collègue C.B. Schwartz. Malgré ces oppositions, Trent et elle vont de l’avant avec l’opération afin d’être plus connectés. Si l’intervention se déroule comme un charme, Briddey se rend vite compte que quelque chose ne fonctionne pas avec sa connection avec Trent. Elle est incapable de ressentir les émotions de son amoureux, mais elle communique plutôt par la pensée avec un homme, avec C.B ! Cette télépathie, qui est une résultante de l’opération, est un véritable malheur. Rapidement elle n’entend pas uniquement C.B., mais elle entend des milliers de voix en même temps, ce qui la pousse presque à la folie…

On peut trouver bizarre qu’une si grande auteure utilise comme thème principal la télépathie. Mais Willis n’en est pas à ses premières armes avec l’occultisme, car elle a déjà écrit un long roman, Passage, dont le sujet était l’Expérience de Mort Imminente (EMI). Avec Interférences, Willis ne veut pas simplement parler d’occultisme, car on comprend rapidement qu’elle traite de communication. Par la télépathie elle nous fait comprendre qu’il n’est pas toujours nécessaire de tout savoir ce que les autres pensent ou font. Pourquoi veut-on toujours aller plus vite, toujours en savoir plus, quand souvent on ignore ses propres pensées, ses propres sentiments ou ceux de notre entourage ? La prémisse de la télépathie peut sembler légère, mais la réflexion que nous amène à faire Willis est très profonde.

Jean Labrecque

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