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Paroles de femmes

En l’honneur de la Journée internationale des femmes qui a lieu chaque 8 mars, pourquoi ne pas se plonger dans quelques lectures féministes. Voici quelques bons choix à dévorer, afin de réfléchir sur la condition féminine, nos expériences de vie, nos silences, mais aussi nos prises de parole.


9782355221224
Éditions la Découverte
28,95$

Sorcières : la puissance invaincue des femmes de Mona Chollet

Dans cet essai publié en 2018 dans la remarquable collection Zones aux Éditions la Découverte, Mona Chollet s’interroge sur le retour en force de l’image de la sorcière dans la culture populaire. À la fois victimes d’une chasse cruelle et injuste, mais également figures rebelles par excellence, qui étaient donc ces sorcières et pourquoi furent-elles accusées et éliminées? Selon Chollet, trois types de femmes étaient particulièrement menaçantes et donc davantage visées : les femmes indépendantes, qu’elles soient veuves ou célibataires, les femmes sans enfant et finalement, les femmes âgées. Elle démontre pourquoi ces trois statuts féminins soulèvent encore la suspicion à notre époque, de manière beaucoup plus insidieuse. Écrit de façon redoutablement efficace, cet essai passionnant se laisse dévorer et donne envie de lire les autres essais précédents de Chollet, Beauté fatale et Chez soi. À lire absolument!


9782823612622
Éditions de l’Olivier
29,95$

La mère de toutes les questions de Rebecca Solnit

Cet ouvrage regroupe différents essais écrits par la réputée auteure féministe Rebecca Solnit. Dans le court essai titre, elle aborde les questionnements inlassables auxquels doivent faire face les femmes sans enfant, questionnements auxquels les hommes ont rarement droit. Ensuite, le cœur du livre présente plusieurs essais sur le thème du silence des femmes et comment il leur est imposé, que ce soit de façon expresse ou tacite. Finalement, la portion finale de cet ouvrage réunit divers essais qui tentent de démontrer comment les récits féminins sont souvent occultés ou transformés afin de satisfaire à une vision patriarcale du monde. Ce livre de Solnit représente donc un excellent complément à la lecture de Chollet.


9782925059028
Marchand de feuilles
19,95$

Pas facile : l’étonnante histoire féministe de la rupture amoureuse de Kelli Maria Korducki

Dans cet essai paru récemment aux Éditions Marchand de feuilles, la journaliste canado-américaine Kelli Maria Korducki expose la difficulté des femmes à vivre hors du paradigme du couple. Elle prend pour point de départ sa propre difficulté à quitter une relation avec un « bon gars », malgré le doute et l’envie de quelque chose de plus grand qui la tenaillait. Mais pourquoi est-ce si difficile de quitter un homme bon, se demande-t-elle? Elle répond à cette question en retraçant l’histoire du mariage et du couple et en tenant compte des différents motifs sous-jacents qui poussent les femmes à rester dans des relations insatisfaisantes, qu’elles soient d’ordre culturel ou socio-économique. Le regard lucide de Korducki permet de pousser plus loin la réflexion amenée par les deux essais précédents.


9782896481125
Éditions de l’Hexagone
17,95$

Le tendon et l’os de Anne-Marie Desmeules

Gagnant 2019 du Prix littéraire du Gouverneur général dans la catégorie poésie, ce recueil de la poétesse lévisienne Anne-Marie Desmeules frappe fort et démonte le mythe de l’épanouissement féminin absolu dans la maternité. Selon les images reçues, ce devrait être le plus grand des bonheurs pour une femme, mais pourtant, la maternité est aussi source de frustration et de colère. Une colère tue, réprimée, mais réelle. N’oubliant pas que mars est aussi le mois de la poésie, je ne peux recommander trop fortement ce troublant recueil coup de poing.


9782898220098
Héliotrope
19,95

Je n’en ai jamais parlé à personne de Martine Delvaux

Ayant recueilli de nombreux témoignages de femmes dans le cadre du mouvement #metoo, l’autrice et essayiste Martine Delvaux a décidé d’en faire œuvre utile. Elle a découpé et rassemblé des fragments de ces témoignages pour n’en faire qu’un seul, d’une force inouïe. Ça commence par le doute et l’hésitation de dire, puis le récit des agressions, des petits assauts quasi quotidiens qu’on banalise à l’agression brutale et violente. On est happés par la violence de cette vague de fond, cachée sous la surface, mais infiniment puissante et destructrice. Puis il y a le silence et la honte, mais aussi la résilience et la solidarité des femmes, unies dans ce récit choral. Avec Je n’en ai jamais parlé à personne, Martine Delvaux assemble une courtepointe étouffante mais transformatrice. Cette multiplicité de femmes qui prennent la parole et qui se font écho, c’est nous.

Josée Laberge

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